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Le Guépard, un bateau unique !

Il rôde sur les eaux du Morbihan, filant aussi vite que le vent veut bien le permettre. Sa ligne, reconnaissable entre toute, agite les foules… Le Guépard est devenu un incontournable ces dernières années ! On parle de l’emblématique bateau morbihannais bien sûr ! Petit retour sur cette embarcation mythique, inventée il y a près de 50 ans et autour de laquelle s’est créé un engouement important !

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Vitesse et maniabilité, le Guépard porte bien son nom.
Crédit photo : Repio

Quand utiliser ce bateau ?

Avec ce bateau, à vous la navigation côtière ou de plaisance. Ses caractéristiques lui permettent de passer partout, que ce soit proche des côtes, au ras des cailloux ou près des goémons. Vous rêviez d’aller dans ce petit coin perdu mais l’eau peu profonde vous en empêchait ? Le Guépard vous le permet. Vous êtes assurés de sortir des sentiers battus sur ce bateau ! Il est aussi très agréable pour les sorties familiales avec les enfants. La facilité de manipulation peut leur permettre d’apprendre tranquillement la voile.

L’origine du Guépard

C’est dans les années 60 que le célèbre navigateur Étienne Riguidel élabore le Guépard… un dériveur houari. Il souhaitait trouver un bateau susceptible de concilier toutes les activités : pêche, balade familiale, régate. Il finit par construire une plate en V de 5,30m de long baptisée File en douce. Il est spécialement adapté pour la navigation particulière que requiert le Golfe du Morbihan. Les forts courants et la faible profondeur que l’on peut rencontrer sont domptés grâce à sa plate-forme en V.
Quelques années plus tard, Armel Couedel, un plaisancier de l’Ile-aux-Moines, relance la demande en commandant une plate un peu plus grande et surtout plus rapide. Deux bateaux seront alors conçus et mis à l’eau pour Armel Couedel et l’un de ses amis : Fleur de blé noir et Fleur d’ajonc. C’est sur ce bateau que le navigateur gagnera de nombreuses régates. La légende est née…

Ses caractéristiques

50 ans après sa construction, le Guépard est toujours sur les flots et bénéficie même d’un regain d’intérêt, porté par le retour à des valeurs liées au développement durable :  retour à l’usage de matériaux nobles et naturels, utilisation d’énergie non polluante…

C’est un bateau d’une grande longévité. Sa conception en fait une embarcation rassurante, stable et franche qui lui confère de grandes qualités marines. En effet, grâce à sa légèreté, c’est un bateau plutôt rapide.

Autres avantages : il est facile à transporter et à gréer.

Crédit photo : Repio

La spécificité de sa voile

La construction du Guépard ne laisse rien au hasard c’est pourquoi le choix de la voile est adapté à son utilisation : il s’agit d’une voile houari. Cette voile a cette particularité d’être quasi-triangulaire. Elle est portée par le mât et sa vergue en fait la continuation. (Contrairement au mât qui est vertical, la vergue est horizontale. Elle est fixée en travers du mât pour tenir les voiles.) Par ailleurs, le mât du Guépard est assez court. À l’origine, le gréement houari est un dérivé de celui à corne qui est le plus utilisé en plaisance.

Perdu entre ces deux types de voiles ? Petit point dans les images suivantes :

Une fabrication au modèle unique

La plupart de ces bateaux de légende sont issus des chantiers du Guip dirigés par Paul Bonnel. Beaucoup d’amateurs se sont lancés dans l’aventure et ont construit leur bateau eux-mêmes. Les règles de constructions sont rigoureuses et chaque bateau est conçu de la même manière :

  • Une construction à l’envers.
  • Du bois de qualité (différents types de chêne ou encore de l’acajou).

“Le secret d’un bon montage, c’est la qualité du bois des lisses et….. l’œil du charpentier !” déclare Paul Bonnel.

  • Un bordage unique : pas de râblure de quille !
  • Un banc central très important car le guépard est semi-ponté. Cela permet le bon maintien de l’écartement de la coque.
  • De la patience !

Si vous êtes curieux des étapes de fabrication, aller donc jeter un œil ici. Plusieurs de ces passionnés ont partagé leur aventure, comme ce groupe d’amis.
Et si l’envie vous prend, n’hésitez pas à nous faire suivre votre avancée dans les commentaires !

Une communauté passionnée

Plusieurs années durant, le Guépard fut un bateau plutôt méconnu. C’est en 1995 que le chantier du Guip relance la production : c’est le succès. Le Guépard, est devenu un bateau pour passionnés et un incontournable sur le Golfe du Morbihan.

La communauté ne cesse de s’agrandir, et le nombre de Guépards aussi, bien que le nombre exact reste un mystère comme le déclare un membre de l’association APGGM (Association des Propriétaires de Guépards du Golfe du Morbihan) :

“Les numéros vont jusqu’à 125 à ce jour. Mais certains ont sauté leur tour. Certains guépards ont disparu corps et âmes. Je pense que la réalité du nombre de Guépard en état de naviguer est proche d’une centaine. Sur les régates comme au Festival de la Voile de l’Ile-aux-Moines au 15 Aout, on est monté à 50. En dehors du Golfe : il y en a une demi-douzaine à la Trinité sur Mer, mais quasiment pas ailleurs.”

L’association APGGM, qui compte une quarantaine de membres, a d’abord été créée pour recenser les propriétaires de ce bateau de cette région. Son but ?

  • Mettre en place un règlement.
  • Mettre en place une jauge pour naviguer au mieux et à armes égales dans le respect des valeurs d’origine du Guépard.
  • Mettre en place un championnat de la classe « Guépard » lors du festival de la voile de l’Ile-aux-Moines. Un beau moment de réunion !
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Les propriétaires de Guépards se réunissent pour une sortie en mer. Crédit photo : Repio

La renommée de ces bateaux est d’autant plus grande lorsque l’on sait que Vincent Lauriot-Prévost en possède un. En effet, l’homme qui conçoit une grande partie des bateaux des skippers est aussi connu pour être l’heureux propriétaire d’un Guépard.
L’engouement autour de ce bateau n’est pas près de s’estomper !

 

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